Un parcours de foulard et des archives sourcées

Deux grands-mères, un seul foulard.

Un tissu fin imprimé de fleurs sur fond vif. Les Ukrainiens l’appellent хустка. Dans les Prairies, de nombreuses familles cries, métisses et d’autres familles autochtones l’appellent kokum scarf, de kôhkom, « ta grand-mère ».

Le même tissu traverse des passés partagés et divisés : des familles qui échangeaient et offraient des foulards, et les lois et la prise des terres qui se dressaient entre elles. Nous suivons ce qui est documenté, signalons ce qui relève du seul souvenir, et gardons la moitié autochtone de l’histoire ouverte à des co-auteurs autochtones.

Aucune communauté ni organisation autochtone n’a encore endossé ce projet ni ne s’y est associée.

Illustration : des femmes de plusieurs générations en foulards fleuris imprimés aux couleurs vives, main dans la main sur un chemin de campagne en automne.
Illustration : des femmes de plusieurs générations en foulards fleuris imprimés, sur un chemin de campagne en automne.
Passés partagés et divisés

Un tissu, deux sens

Quatre époques, dans l’ordre. Chacune ouvre sur son propre chapitre.

La terre dessous

Les familles ukrainiennes ont reçu leurs concessions parce que la terre avait déjà été prise. Patty Krawec, autrice anishinaabe-ukrainienne de la Première Nation de Lac Seul : « La terre où ils se sont établis, les 160 acres qu’on leur a donnés dans les plaines, n’était pas vide après tout. Elle avait été vidée. » Les deux moitiés sont vraies en même temps, et ce projet tente de tenir les deux. (Rampant Magazine, 14 mars 2022.)

Les voisins et la loi entre eux →
1891–1896

Les premiers hivers

Ivan Pylypiw et Wasyl Eleniak embarquent sur l’Oregon, parti de Liverpool le 28 août 1891 et arrivé à Montréal le 7 septembre. Sept familles et un jeune homme célibataire suivent depuis Nebyliv et Perehinsk en juin 1892 et fondent le bloc d’Edna-Star, à l’est d’Edmonton. Une concession valait un quart de section de 160 acres pour dix dollars de frais, assortie de trois ans de résidence et d’un calendrier de défrichement échelonné. Les premiers hivers se passent dans des burdei, fosses d’environ un mètre couvertes de perches, d’herbe, de mottes et de terre. (Yuzyk, MHS Transactions 1951-1952 ; Nahachewsky, 1985.)

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Sans date

Deux noms pour un seul tissu

Personne n’a publié où les foulards des Prairies ont été fabriqués ni comment ils y sont arrivés. L’histoire des femmes qui les échangeaient et les offraient vit dans les familles des deux côtés, et la seule étude évaluée par les pairs la consigne comme un souvenir. Les fleurs ont rencontré des fleurs : le dessin floral naturaliste est établi dans le travail métis de la Rivière-Rouge dès les années 1830, et les artisanes cries ont adopté les motifs floraux métis dès la fin des années 1820. Dans les Prairies, le même tissu porte un nom cri, tiré de kôhkom — ta grand-mère. (Shtykalo et Legault, CJIS 1(1) 2025 ; Institut Gabriel-Dumont ; itwêwina.)

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1881–2014

Les voisins et la loi entre eux

À partir de 1881, une personne des Premières Nations au Manitoba, en Saskatchewan ou en Alberta devait obtenir le permis d’un agent des Indiens pour vendre du bétail ou d’autres animaux, du grain, du foin ou des plantes-racines ; la disposition a tenu jusqu’en 2014. À partir de 1885, un système de laissez-passer fonctionne dans certaines régions, sans aucun fondement légal, ignoré et ouvertement défié. (Joseph d’après Carter, Lost Harvests ; Barron, Prairie Forum 13:1.)

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2018–2026

Le foulard revient

Tala Tootoosis lance la #KokumScarfCampaign en Saskatchewan en 2018, quatre ans avant la vague de solidarité de 2022. Après l’invasion de février 2022, des personnes autochtones du Canada et des États-Unis publient leur portrait en foulard kokum en solidarité avec l’Ukraine. (CBC, 1er déc. 2018 ; NBC News, 1er mars 2022 ; ICT, 9 mars 2022.)

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Les six étapes

Ce qui se passe à l’écran, dans l’ordre.

Comment il fonctionne →
  1. Début

    Où en est le projet : qui l’a fait, ce que c’est, et que personne ne l’a endossé — un écran à lire avant tout le reste.

  2. Histoire

    Quatre chapitres, chaque source nommée : le tissu, les fleurs qui étaient là d’abord, la terre depuis 1891, le mot et la mémoire.

  3. Motifs

    Dix-sept motifs ; trois sont ouverts, quatorze s’ouvrent quand vous répondez à une question tirée de leur fiche.

  4. Composition

    Disposez vos fleurs sur un carré imprimé : quatre fonds, trois symétries, trois densités, et un numéro de dessin qui le reconstitue exactement.

  5. Sens

    Nommez le foulard, choisissez trois mots, écrivez ce qu’il signifie pour vous — vos mots, signés comme les vôtres.

  6. Votre foulard

    Un souvenir à votre nom ; sur une tablette partagée, un code QR envoie le foulard à votre téléphone ; un chemin honnête vers un foulard imprimé — aucun n’a encore été imprimé.

Le premier pas : une tasse de thé

Ou un appel de trente minutes. Nous vous montrons le parcours et vous demandons ce qui sonne faux. Rien à signer, rien à préparer.