1891–2026 · Passés partagés et divisés

La chronique, 1891–2026

Depuis 1891, colons ukrainiens et nations autochtones vivent sur la même prairie. Une part de ce qui a circulé entre eux est documentée, une part relève du souvenir des familles, et une part était interdite par la loi.

Avant de lire cette chronique

Les familles ukrainiennes ont reçu leurs concessions parce que la terre avait déjà été prise. Patty Krawec, autrice anishinaabe-ukrainienne de la Première Nation de Lac Seul, l’écrit ainsi : « La terre où ils se sont établis, les 160 acres qu’on leur a donnés dans les plaines, n’était pas vide après tout. Elle avait été vidée. » (Rampant Magazine, 14 mars 2022.)

La colonisation ukrainienne faisait partie d’une politique délibérée pour remplir les plaines d’agriculteurs européens, portée par Clifford Sifton, ministre de l’Intérieur de 1896 à 1905, avec l’ambition de convertir la terre publique en propriété privée productive. (Brophy, Labour/Le Travail 77, 2016, p. 161-162.)

La loi restreignait aussi les échanges que ce projet décrit : dès 1881, il fallait le permis d’un agent des Indiens pour vendre du grain ou des récoltes. Leah Hrycun, chercheuse ukrainienne issue de la colonisation, et l’autrice métisse Chelsea Vowel avertissent que les récits chaleureux d’amitié peuvent tenir lieu de ce récit plus complet. Les deux choses sont vraies en même temps.

L’expression « passés partagés et divisés » appartient à l’Indigenous Ukrainian Relationship Initiative, qui travaille ce sujet depuis 2020. Là où une histoire est documentée, nous le disons ; là où elle relève du souvenir, nous le disons aussi. Voir nos sources.

Époque I · 1891–1896

1891 : les premiers hivers

Les premières familles ukrainiennes arrivent de Galicie, alors sous administration autrichienne. Ivan Pylypiw et Wasyl Eleniak débarquent à Montréal le 7 septembre 1891 ; sept familles et un jeune homme célibataire suivent en juin 1892 et fondent le bloc d’Edna-Star. Les premiers hivers se passent dans des burdei creusés dans le sol. (Yuzyk, MHS Transactions 1951-1952 ; Bibliothèque et Archives Canada.)

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Époque II · sans date

Le foulard kokum

Personne n’a publié où les foulards des Prairies ont été fabriqués ni comment ils y sont arrivés ; la seule étude évaluée par les pairs consigne l’échange comme un souvenir et refuse de fixer une origine unique. Le dessin floral cri et métis est attesté des décennies avant l’arrivée ukrainienne. (Shtykalo et Legault, CJIS 1(1) 2025 ; Institut Gabriel-Dumont.)

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Époque III · 1881–2007

Les voisins et la loi

Permis de vente à partir de 1881, laissez-passer à partir de 1885, la cession de St. Peter’s en 1907 — et, au bout de tout cela, un mariage et une collaboration documentés et nommés, ceux de Sandra Semchuk et James Nicholas, de 1993 à 2007. (Joseph d’après Carter ; Barron ; Carter, Manitoba History 18 ; MacKenzie Art Gallery.)

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Époque IV · 2018–2026

Le foulard revient

Tala Tootoosis lance la #KokumScarfCampaign en Saskatchewan en 2018. Après l’invasion de février 2022, des personnes autochtones du Canada et des États-Unis publient leur portrait en foulard kokum en solidarité avec l’Ukraine. (CBC, 1er déc. 2018 ; NBC News, 1er mars 2022 ; ICT, 9 mars 2022.)

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